C’est à l’âge de 37 ans, marié, père de trois enfants, détenant un bon emploi, en santé et en très bonne forme physique, que je me retrouve dans un centre hospitalier. Après 4 jours d’attente, je suis toujours sur une civière dans le corridor avec environ 20 autres patients tous en attente d'une chambre. Pendant que des patients recevaient leurs proches, deux toilettes seulement étaient disponibles pour tout ce beau monde et très rarement une toilette était libre. Alors, je devais utiliser un petit pot. Imaginez-vous à ma place, faire vos selles devant des inconnus dans un corridor d’hôpital, c'était très dégradant et figurez-vous où en était ma dignité?
J'avais des selles 24 heures sur 24 et difficiles à retenir (6 à 8 par heure). Souvent, je m'échappais sur le plancher, et à l’occasion les gens marchaient dessus. Les employés ramassaient cela avec des serviettes de bain et sans porter de gants. Ils me disaient qu'ils étaient habitués de faire cela. Aucune précaution n'était prise pour mes jaquettes souillées. Mes cabarets de nourritures utilisés étaient placés avec ceux des autres. La toilette que je pouvais utiliser de temps en temps était rarement nettoyée, les murs et le plancher étaient souillés de diarrhée. Donc vous imaginez le niveau de salubrité qui régnait à l’urgence.
Après 4 jours dans le corridor, combien de gens ai-je contaminés? La descente aux enfers commençait. Nous étions deux dans la même chambre, et le deuxième patient recevait des visiteurs. Sa femme et ces enfants lui rendaient visite. Moi pendant ce temps, je passais de mon lit à la toilette sans arrêt. Ces visiteurs utilisaient la même toilette que moi. En plus, les serviettes souillées restaient longtemps sur le plancher.
Mes draps ont été changés très peu pendant ces 3 longues semaines. L'employé de l'entretien sanitaire utilisait le même linge avec du nettoyant en aérosol pour nettoyer la chambre, le lit, les meubles et en plus sans rincer son linge. Aucun avertissement n’a été donné aux visiteurs à l'effet que j'étais contagieux. Je n’ai eu aucune aide pour prendre ma douche et aller à la toilette.
Je suis sorti de l'hôpital après 1 mois et avec 40 livres en moins. Le gastro-entérologue m'a seulement donné 30 jours de congé de travail, en me disant que j'aurais besoin de 6 mois à un an pour m'en remettre (choc post-traumatique et passé près de la mort). Il est spécialiste et il ne veut pas être mon médecin pour le suivi médical et me prolonger mon absence au travail. Vous savez tous que c'est difficile dans une courte période (30 jours) d'avoir un rendez-vous avec un médecin spécialiste.
Alors, j'ai dû retourner travailler 1 mois plus tard parce que je n'ai pas trouvé de médecin. En plus, mon employeur ne pouvait pas diminuer mes heures de travail. J'étais très fatigué, je dormais peu, j'avais encore des diarrhées, des vomissements, des pleurs, je me sentais dépressif. C'était impossible pour moi d'exécuter mon travail et j'étais au bout du rouleau. J'ai dû continuer les antibiotiques durant plus de 18 mois, après 3 opérations (curetages) pour une fistule anale, plaie ouverte durant plus de 3 mois. A la 3e opération, j'ai eu un début de gangrène occasionnée par l'oubli d'un pansement enfoui très profondément dans la plaie. Le chirurgien ayant constaté son erreur, m’a opéré d’urgence dans une salle d’accouchement, qui était la seule salle disponible, pendant que des femmes accouchaient. En espérant ne pas avoir contaminé de mère et/ou de nouveau-née.
Une infirmière passait chez moi changer mon pansement une fois par jour seulement et il fallait le changer à tous les 3 heures.
Pour finir, j'ai dû cesser de travailler parce que le physique et le mental prenaient du temps à guérir. En 2002, après ces cocktails d'antibiotiques à répétition pour traitements avant et après les opérations. Soit disant que les antibiotiques m'ont sauvé la vie, ils m'ont laissé une leucémie lymphoïde chronique.
Quel beau cadeau du système de santé: C. Difficile, colite pseudomembraneuse, chirurgie, leucémie, perte de mon emploi, diminution physique et mentale, perte monétaire, n'est plus assurable (hypothèque, assurance vie) et etc...
Le système de santé est très malade.
Michel A.
| < Précédent | Suivant > |
|---|




