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INFECTION AU SARM D’UN BÉBÉ NAISSANT

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Tout avait pourtant bien commencé pour moi le jeudi 03 juillet 2008 à l'hôpital Saint Mary, lorsque j'ai accouché d'une jolie petite fille par césarienne, un bébé tant désiré et attendu (trois ans ).

Le samedi 05 juillet, mon gynécologue rentre dans ma chambre vers 09heures du matin pour m'annoncer que je devais sortir le jour même, et de préférence avant midi.

J'avoue que je ne m'attendais pas à sortir si tôt car dans mes cours pré-na taux, on m'avait expliqué que la durée du séjour à l'hôpital pour une césarienne était d'environ 4 jours.

En plus, je n'ai pas dormi toute la nuit à cause des pleurs de ma fille et aussi d'une réaction allergique que j'ai faite au pansement. Je lui ai demandé pour le pansement qu'on devait me changer et il me répondait qu'il me le ferait lui même dans son bureau le mardi 8 juillet.

Donc, mon mari devait partir à la va vite pour chercher un témoin (c'est la procédure) et moi je ramassais rapidement mes affaires comme une voleuse. 

À midi, les papiers sont signés et nous étions déjà dehors.
Le mardi 8 juillet, à 10 heures, une infirmière du CLSC frappe à la porte comme convenu pour effectuer un contrôle de routine. Elle a constaté que ma fille a perdu du poids. Elle m'a recommandé en plus de l'allaitement maternel, de lui rajouter un supplément de lait et surtout de l'emmener le vendredi d'après à la clinique du nourrisson pour la prise de poids.

Ma fille continuait toujours à pleurer et à ne pas dormir. Je pensais que c'était normal et que ses pleurs sont dus aux coliques, d'autant plus que moi à la même période, j'ai fait un engorgement du sein suivi de forte fièvre pendant trois jours. Donc il m'était difficile de donner de l'importance à ce que je remarquais sur les doigts de ma fille.

Le vendredi 11 juillet, on l'a emmenée au CLSC de Saint Léonard comme prévu, l'infirmière l'a pesée et encore ma fille a perdu du poids. On a quand même montre à l'infirmière un de ses ongles qui avait du jaune autour avec une légère rougeur. L'infirmière nous a rassurés en nous répondant que ce n'était rien de grave et qu'il ne faut pas y toucher.

À mesure que le temps filait, les bouts de ses doigts enflaient et rougissaient, avec une accumulation du pus.
Lundi le 14 juillet, j'ai téléphoné à l'infirmière du CLSC et j'ai laissé un message disant que je ne savais plus quoi faire. Le 15 juillet, l'infirmière me suggère d'aller voir un médecin. Je me suis donc rendue à la clinique de Viau avec ma fille le 16 juillet et dès que le médecin a vue ses doigts, il a compris que c'était une infection et sans tarder me donna une prescription pour me présenter en urgence à l'hôpital Sainte Justine.

Ma fille a été admise en urgence à l'hôpital Sainte-Justine le jour même et elle y est demeurée jusqu'au 28 juillet pour deux raisons : infection des doigts et perte de poids de plus en plus. Tout de suite, elle était branchée sur un soluté (pendant toute son hospitalisation), en plus d'antibiotiques en attendant de procéder à de multiples tests afin d'évaluer son état général et de poser un diagnostic. Ils ont dû faire une ponction lombaire, ils ont prélevé un échantillon à même la région infectée pour analyse, ils ont fait une échographie cardiaque, une scintigraphie des doigts ainsi que des prises de sang au quotidien, en plus d'un interrogatoire presque quotidien concernant nos antécédents médicaux moi et mon mari.

Virulente, plus transmissible et plus meurtrière.
Donc, ma fille a eu une cellulite des doigts à cause du SARM qu'on a dû traiter d'abord avec de la  puis de la et la perte de poids est due bien entendu à cette infection.

Enfin, après 11 jours d'hospitalisation de ma fille, et ce que j'ai enduré pendant toute cette période étant donné mon état de santé (césarienne, diarrhées depuis mon accouchement et qui ont persisté pendant plus d'un mois, manque de sommeil car il fallait se réveiller chaque 03 heures pour l'allaiter, etc...), la pédiatre nous a donné congé le 28 juillet, en émettant quelques recommandations à respecter, entre autre à la moindre tache rouge sur le corps de ma fille, mettre du «bactroban crème» , se laver les mains constamment,  éviter au maximum le contact avec les autres de peur de les contaminer et/ou que ma fille soit contaminée par un rhume, une grippe, une gastro-entérite et autres vue sa fragilité, s'assurer que toutes coupures et égratignures restent propres et couvertes jusqu'à ce qu'elles soient guéries et informer les cliniques et les hôpitaux que ma fille est porteuse de SARM afin de prévenir sa propagation.

Le 3 septembre, on a refait la culture bactérienne à l'hôpital Sainte Justine tel que recommandé par la Pédiatre de l'hôpital et une semaine après le verdict est tombé: ma fille est colonisée par le SARM.

J'ai appris à la même occasion via le service des maladies infectieuses / tuberculose de l'hôpital Sainte Justine qu'il y a eu une éclosion du SARM à l'hôpital Saint Mary à la même période de mon accouchement. Je l'ai confirmé lors de la plainte verbale que j'ai déposée au près de la commissaire aux plaintes et à la qualité des services de l'hôpital concerné. J'ai même demandé combien de personnes ont déposé plainte et elle m'a informé qu'on était deux. Et c'est là que j'ai compris mon départ anticipé de l'hôpital.

J'ai eu même l'occasion de parler avec la responsable du département des infections du même hôpital qui a aussi confirmé l'éclosion du SARM.

Bien entendu, cette situation apporte son lot d'inquiétudes car malgré la guérison de l'infection, le doute persiste toujours sur la durée de vie du SARM sur le corps de ma fille et probablement moi. Comment faire pour garder ma fille après mon retour au travail. Il m'est difficile de la placer dans une garderie où il y a beaucoup d'enfants, d'abord en étant honnête, je ne veux pas que les autres soient contaminés par le SARM  et puis à la moindre maladie chez un autre enfant ma fille sera touchée et le risque est grand à cause de son état. Ma fille est fragile et je dois éviter les gens malades. Il me semble que je devrai débourser pour engager une gardienne dans le privé.

Aussi,  je me sens inconfortable de parler  de ce problème avec ma famille à l'étranger car il y a aussi tous les aspects culturels auxquels je devrais faire face lors de mon voyage dans mon pays d'origine, tels qu'amener au pays un bébé malade, devoir expliquer le SARM, rassurer mon entourage sur son état de santé tout en surveillant afin qu'aucune personne malade ne s'approche d'elle.

Cet état des choses a causé des préjudices psychologiques très importants au sein de mon couple à savoir stress, peur, inquiétude, craintes, insomnies, troubles, non jouissance, et surtout isolement.

À cause du stress, j'ai développé un eczéma des doigts ce qui m'oblige à suivre un traitement à base de cortisone. Le Docteur m'a conseillé aussi de voir un psychologue à cause de mon état psychique troublé par la présence du SARM sur le corps de ma fille.

Je tiens à dénoncer la défaillance des soins de santé du personnel de l'hôpital par un comportement hygiénique non adéquat, responsable de ce que nous endurons actuellement moi et le père et je tiens pour responsable l'hôpital Saint Mary pour tous les préjudices causés par sa négligence. Et je ne peux accepter l'idée que l'infection nosocomiale attrapée par ma fille lors de mon accouchement fait partie des risques normaux de l'hospitalisation. De ce fait, je ne veux surtout pas assumer toute seule les conséquences de cette négligence d'où ma demande d'indemnisation financière de tous les préjudices subis par mon bébé et nous mêmes, les parents.

Signé : Une mère désespérée

 
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