INTRODUCTION : dangereuses et pourtant évitables
Une infection nosocomiale (IN) est un «accident médical» encore appelé «évènement indésirable» associé à la pratique des soins de santé. Ce n'est jamais une complication de la maladie à l'origine des soins, mais toujours une conséquence de lacunes ou de défaillances dans la chaîne de soins.
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Chaque année au Québec, un patient hospitalisé sur 9 (11%) en est victime, soit environ 90,000 / an avec 4,000 décès.
Jusqu'à 90%, et parfois plus, de ces IN sont évitables. Leur prévention est de la responsabilité des établissements de soins qui ont l'obligation légale de disposer des ressources nécessaires - humaines, matérielles et budgétaires - pour assurer une qualité sécuritaire des soins.
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La terminologie a changé pour mieux refléter la réalité: on les appelle maintenant « infections associées aux soins». Elles sont nosocomiales lorsque contractées en milieu hospitalier et communautaires lorsque contractéee en dehors de l'hôpital, c'est à dire dans la communauté.
Par leurs conséquences humaines, sociales et économiques, les IN sont devenues un problème de santé majeur dans le monde entier et une priorité de santé publique pour tous les systèmes de santé.
Non seulement les IN font chaque année des centaines de millions de victimes dans le monde (OMS), mais elles ont aussi des conséquences souvent tragiques pour les malades et leurs familles : perte de revenus ; perte d'emploi ; invalidité ; décès. Elles prolongent inutilement le séjour à l'hôpital et augmentent les coûts des traitements entraînant une augmentation des coûts de la santé. Elles mobilisent des lits, souvent au détriment des malades en attente d'une hospitalisation. Elles sont une surcharge de travail pour le personnel soignant entraînant fatigue supplémentaire et stress à l'origine de défaillances ou d'erreurs médicales avec un impact certain sur l'absentéisme.
ACCIDENT MÉDICAL ÉVITABLE
Une IN est un «accident médical évitable» encore appelé «évènement indésirable» associé à la pratique des soins. Ce n'est jamais une complication de la maladie à l'origine des soins mais toujours une conséquence de lacunes ou de défaillances dans la chaîne des soins.
Le mot nosocomial vient du grec «nosokomeion» qui signifie «hôpital». Les IN ne sont pas une notion nouvelle mais une vieille connaissance de l'hôpital. On les appelait autrefois «fièvre, gangrène ou pourriture hospitalière» et depuis deux siècles, elles ont autant inquiété les professionnels de santé que la société.
Avec la découverte des antibiotiques il y a plus de 60 ans, on a cru pouvoir éradiquer les IN comme les autres maladies infectieuses. Mais depuis plus de 30 ans, leur nombre et leur gravité sont en augmentation constante parce que :
EN CONSTANTE AUGMENTATION
Les bactéries, comme toutes les espèces vivantes, ont la capacité de s'adapter à leur environnement. Elles ont développé de nouveaux facteurs de virulence et de résistance aux antibiotiques. Elles sont de plus en plus difficiles à soigner et nous disposons de moins en moins de médicaments pour cela.
Les progrès de la médecine amènent à l'hôpital de plus en plus de malades graves, autrefois incurables, et de ce fait plus fragiles et plus sensibles aux infections en raison de leur âge, de leur maladie ou de leur traitement.
Les techniques médicales de plus en plus efficaces sont aussi souvent de plus en plus à risque, en particulier infectieux.
Les IN sont une des principales causes de morbidité et de mortalité dans tous les pays du monde. Elles sont le reflet de la capacité des établissements de santé à offrir des soins sécuritaires et de qualité.
UN RISQUE QU'IL FAUT GÉRER ET RÉDUIRE
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Par leurs conséquences humaines, sociales et économiques, elles sont une priorité de santé publique. La gestion du risque infectieux nosocomial ne peut plus relever des seuls médecins. Son efficacité dépend tout autant de l'implication des gestionnaires, des responsables des politiques de santé et aussi de la participation des usagers et du public.
Médicalement et épidémiologiquement, une infection est dite nosocomiale lorsqu'elle est absente à l'admission dans un centre de soins. Quand le statut infectieux du patient n'est pas connu, on considère que l'infection est nosocomiale lorsqu'elle survient au moins 48 heures à 72 heures après l'admission. En cas de chirurgie, ce délai est porté à 30 jours et à 1 an s'il y a pose d'une prothèse ou d'un implant. Cette définition admise par la communauté scientifique il y a plus de 20 ans fait de l'IN un accident médical hospitalier.
Mais depuis 20 ans, le concept d'IN a évolué. L'évolution des connaissances en microbiologie et en épidémiologie, les progrès dans la surveillance, la prévention et le contrôle des IN, l'apparition dans la communauté des bactéries résistantes et d'infections associées aux soins, les conséquences médico-légales des IN obligent à revoir la définition des IN.
On ne parle plus maintenant d'infections nosocomiales, mais «d'infections associées aux soins de santé», les unes hospitalières (nosocomiales), les autres communautaires.
LA RESPONSABILITÉ DES HÔPITAUX
La définition suivante s'impose : une infection est considérée comme associée à des soins de santé si elle survient au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient pour un acte de soins à visée diagnostique, thérapeutique, palliative ou préventive et si elle n'est ni présente ni en incubation au moment de cette prise en charge. Lorsque l'état infectieux du patient n'est pas connu au moment de cette prise en charge, un délai de 48 heures à 72 heures est nécessaire pour reconnaître le caractère nosocomial de cette infection. Ce délai est porté à 30 jours en cas de chirurgie et à 1 an s'il y a pose d'une prothèse ou d'un implant. Cette notion de prise en charge concerne tous les établissements et professionnels de santé quel que soit le lieu de cette prise en charge.
Il résulte de cette notion de prise ne charge qu'en cas d'IN, l'établissement doit être présumé responsable sauf à apporter la preuve d'une cause extérieure. A partir du moment où un établissement accepte de prendre en charge un patient, il a l'obligation légale de disposer des ressources nécessaires - humaines, matérielles et budgétaires - pour assurer la qualité sécuritaire des soins.
LIsez nos articles sur:
- Les principales infections nosocomiales SARM, C.dificile, infections urinaires etc
- Les mesures d'hygiène
- les coûts des infections nosocomiales
- Journées nationales des maladies infectieuses (oct. 2008)
- Le père de l'hygiène hospitalière est toujours d'actualité
- Dossier du Ministère de la Santé de France sur les IN
-
lutte_contre_les_in_france.pdf - Association Le Lien (France)
- http://nosobase.chu-lyon.fr/
-
nosobase - site du CHU de Lyon, France - - Les infections nosocomiales, Suisse/ONU
- CMAJ (Journal de l'association médicale canadienne)
- USA - RID, Reduce Infection Deaths Committee
- society of Health Care Epidemiology of America
Les infections associées aux soins nosocomiales (contractées à l'hôpital) font chaque année autant de victimes que le cancer du sein, le sida et les accidents de la route réunis au Québec comme au Canada.
au Québec seulement chaque année:
- 1 patient sur 11 infecté soit 90 000 patients touchés (9%)
- 4000 décès
En France:
- 4,9% aux dernières statistiques de 2008
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