LA RESISTANCE AUX ANTIBIOTIQUES est aujourd'hui un phénomène planétaire et l'émergence de bactéries multirésistantes (BMR) est préoccupante, pas uniquement dans les établissements de soins mais aussi dans la vie courante, où ces bactérie émigrent rapidement et deviennent ainsi une source encore plus importante de risque infectieux grave. Dans certains cas, les médecins se retrouvent devant une «impasse thérapeutiques», c'est à dire, la presque incapacité de trouver un traitement qui guérisse le patient.
«Les bactéries sont dites multirésistantes (BMR) aux antibiotiques lorsque du fait de l’accumulation de résistances acquises à plusieurs familles d’antibiotiques, elles ne sont plus sensibles qu’à un petit nombre d’antibiotiques utilisables en thérapeutique (résistance à plus de 3 familles différentes). La multirésistance est ainsi une étape vers l’impasse thérapeutique. Elle concerne les bactéries des infections communautaires (ex : pneumocoque, bacilles de la tuberculose) et les bactéries des Infections Nosocomiales (IN)."(rapport RAISIN paru en janvier 2006.)
Très rapidement, chaque apparition d'un nouvel antibiotique s'est accompagnée de l'apparition de bactéries résistantes. Ainsi, l'émergence des BMR est étroitement liée à la consommation des antibiotiques en médecine familiale comme dans les établissements de santé Le non respect des précautions d'hygiène lors des soins facilite la transmission des BMR d'une personne à l'autre ou par contacts avec son environnement contaminé. Les bactéries, résistantes ou non, se transmettent très facilement par manuportage ( par les mains)
QU'EST-CE QUE LA RÉSISTANCE BACTÉRIENNE?
La résistance bactérienne est la capacité des bactéries à résister aux effets des antibiotiques ou des biocides qui sont censés les tuer ou les contrôler. L’évolution vers la résistance des bactéries aux antibiotiques caractérise la fin du XXème siècle.
Le terme résistance multiple (RM) ou multi-résistance est utilisé lorsqu’une souche bactérienne est résistante à plusieurs antimicrobiens ou classes d’antimicrobiens différents. Par exemple, la tuberculose multirésistante est simultanément résistante à un certain nombre d'antibiotiques appartenant à des classes chimiques différentes.
Les bactéries « à résistance croisée » sont celles qui ont développé des méthodes de survie qui sont efficaces contre différents types de molécules antimicrobiennes présentant des mécanismes d'action similaires.
Les bactéries peuvent transférer des morceaux de matériel génétique à d'autres bactéries, et lorsque le code d'information génétique pour plusieurs mécanismes de résistance non liés est transféré en une seule fois et exprimée dans le nouvel hôte bactérien, on parle de « co-résistance ».
L’étude de la résistance bactérienne a permis de faire de grandes découvertes concernant l’organisation de l’information génétique des bactéries, le contrôle de son expression ; pour le thérapeute elle est aujourd’hui indispensable à connaître pour une meilleure utilisation des antibiotiques.
ACTION DES ANTIBIOTIQUES SUR LES BACTÉRIES
Pour être efficace et tuer les bactéries pathogènes concernées, les antibiotiques:
- Doivent reconnaître la cible
- doivent l'atteindre
- persister à des doses de concentration suffisantes
PAR OÙ COMMENCE LA RÉSISTANCE
Plus on utilise des antibiotiques, plus on favorise le développement des résistances des bactéries. C'est le phénomène de la pression de la sélection. Les antibiotiques sont couramment utilisés dans trois domaines: médecine humaine, médecine vétérinaire et agroalimentaire.
LES MÉCANISMES DE LA RÉSISTANCE
La résistance peut se transmettre entre génération de bactéries (mère à fille) mais aussi d'une sorte de bactérie à une autre sorte ou autre souche (transmission horizontale)
LA MULTI RÉSISTANCE DE CERTAINES BACTÉRIES
Certaines bactéries sont devenues multirésistantes à plusieurs antibiotiques. Principales bactéries multirésistantes
- SAMR
- Entérobactéries BLSE
- Entérobactéries céphalosporinase déréprimée
- P. aeruginosa résistant à ceftazidime
- Entérocoques résistants aux glycopeptides
- A. baumanii résistant à imipénème
- Bactéries environnement : S. maltophilia, B. cepacia...
POURQUOI FAUT-IL LUTTER CONTRE LES BMR?
Une infection par une BMR implique des traitements plus longs avec des antibiotiques plus onéreux et d'utilisation plus complexe. Les malades infectés par une BMR sont hospitalisés plus longtemps. Être porteur d'une BMR ne signifie pas forcément être atteint d'une infection nosocomiale et inversement, les infections nosocomiales ne sont pas toutes des infections à BMR. Dans les établissements de santé comme en médecine libérale, les soignants et les patientspeuvent être simplement porteurs pour une durée de quelques mois ou plus.
L'HÔPÎTAL: RÉSERVOIR DE BMR
- Pression de sélection par antibiothérapie
- mutants résistants monothérapie
- antiothérapie large spectre
- doses trop faibles
- durée de l ’antibiothérapie
- Dissémination des clones résistants
Autres facteurs :
- durée de séjour
- sévérité de la maladie
- procédures invasives
FACTEURS CLÉS POUR RÉDUIRE LA TRANSMISSION DES BMR
- Au laboratoire savoir détecter les BMR avec faible expression de la résistance
- Repérer les malades porteurs de BMR
- outil d’alerte quotidienne /informatique
- Prendre rapidement les mesures d ’intervention:
- service d ’hygiène,
- Prévenir apparition de la sélection
- bon usage des antibiotiques
- Participer à des réseaux de surveillance
- Strict respect des précautions "standard" par TOUS pour TOUS les malades.
- Application de précautions complémentaires d'hygiène adaptées à la situation.
- Utilisation large des produits hydro-alcooliques.
- Information du patient et de son entourage.
- Signalisation de la BMR dans le dossier du patient et à tous les intervenants y compris lors des transferts.
- La prévention de la transmission des bactéries multirésistantes aux antibiotiques dépend de leur nature et de leur localisation (urines, plaies,bronches, selles …).
- Il faut augmenter la surveillance de l'hygiène des locaux et de l'environnement, notamment tout ce qui permet un contact: lit d'examen, matériel en contact avec la peau du malade (Stéthoscope, otoscope, brassard à tension)
- Les locaux: l'entretien des pièces (chambre, salle d'examen ou de soins, bureau, salle d'attente, accueil, couloirs, sanitaires, local de ménage) doit être quotidien, en utilisant des produits détergents désinfectants. Il doit être effectué du plus propre au plus sale en commençant par les surfaces hautes. Les zones les plus à risque sont les sanitaires, la chambre ou la salle d'examen.
- Les déchets: il convient d'appliquer la réglementation pour l'emballage, le stockage et l'élimination des déchets ménagers et des déchets d'activité de soins avec risque infectieux.
- Pour les patients: rappeler aux patients les règles élémentaires d'hygiène :
- un lavage des mains après être allé aux toilettes,
- après avoir manipulé une poche à urine, du linge souillé ou un pansement,
- après s'être mouché, avoir toussé ou éternué,
- avant de préparer des repas et de passerà table,
- une toilette quotidienne avec le savon habituel,
- les sanitaires seront nettoyés puis désinfectés (on peut utiliser de l'eau de javel)
- La majorité des procédés de nettoyage (température à 40°C en machine à laver) et des produits d'entretien (lessive, produit vaisselle)sont actifs sur les BMR.
De nombreux laboratoires pharmaceutiques font des recherches au niveau du fonctionnement de la cellule bactérienne pour trouver de nouvelles méthodes permettant de lutter contre les bactéries pathogènes. Le laboratoire français Antabio nous a permis d'utiliser ce document pour expliquer leur travail: document pdf
LES BACTÉRIES FONT PARTIE DE NOTRE ENVIRONNEMENT ET DE NOUS-MÊMES ET SONT INTIMEMENT LIÉES AU DÉVELOPPEMENT ET MAINTIEN DE LA VIE.
Les bactéries sont omniprésentes, dans le sol, l'air et l'eau, sur et dans le corps des hommes et des animaux ainsi qu'à la surface et à l'intérieur des végétaux. L'immense majorité vit en parfaite harmonie avec l'homme voire est indispensable à sasurvie. Dans l'intestin, des bactéries permettent l'absorption par le sang de substancesnutritives que nous ne sommes pas en mesure de dégrader. Elles fournissent à l'organisme des vitamines, nous protègent de l'invasion de bactéries pathogènes. Elles jouent un rôle essentiel pour notre système immunitaire dont elles permettent la maturation chez les nouveau-nés.
Beaucoup plus petites que les cellules de l'organisme humain, les bactéries sont beaucoup plus nombreuses : alors que le nombre de cellules humaines avoisinerait les 10 000 milliards. Le nombre de bactéries serait 10 fois plus élevé rien que dans les intestins...
- BOUCHE, NEZ : 1 milliard
- Streptococcus pneumoniae,
- Neisseria meningitidis,
- Streptococcus pyogenes,
- Staphylococcus aureus
- (le « staphylocoque doré »),
- Streptococcus viridans,
- Haemophilus influenzae,
- Klebsiella pneumonae,
- Escherichia coli,
- Fusobacterium,
- Actinomyces...
- PEAU : 100 milliard
- Staphylococcus aureus,
- FLORE INTESTINALE : 100 000 milliards
- Flore vivant en présence d'oxygène
- (aérobie) :
- Pseudomonas aeruginosa,
- Escherichia coli,
- Klebsiella pneumoniae,
- Streptococcus viridans,
- Streptococcus faecalis,
- Staphylococcus aureus...
- Flore vivant en présence d'oxygène
- (aérobie) :
- Fusobacterium,
- clostridies
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