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POURQUOI UNE AUGMENTATION DES INFECTIONS NOSOCOMIALES

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22/09/2008 - Les infections nosocomiales sont en augmentation constante depuis 30 ans parce que les systèmes de santé tardent à s'adapter aux réalités nouvelles des soins de santé et à leurs risques.

Il y a 60 ans, avec l'utilisation des antibiotiques, on a cru pouvoir éradiquer les maladies infectieuses. Mais depuis plus de 30 ans, le nombre et la gravité des IN n'ont cessé d'augmenter. Pourquoi ?

 



Parce que les bactéries sont devenues de plus en plus résistantes aux antibiotiques. C'est un processus biologique normal de ‘sélection naturelle'. Comme tous les êtres vivants, les bactéries doivent s'adapter pour survivre dans un environnement devenu hostile. Elles ont développé des nouveaux facteurs de résistance et de virulence qu'elles ont transmis à leur descendance, mais aussi aux autres bactéries présentes dans leur milieu. De nouvelles souches bactériennes résistantes sont ainsi apparues qui remplacent peu à peu et de plus en plus les souches sensibles aux traitements. C'est un processus inexorable. Avec les mouvements de population de plus en plus nombreux, facilités par des transports aériens de plus en plus rapides, ces nouvelles souches se répandent rapidement dans le monde entier.




Le traitement des infections nosocomiales devient de plus en plus difficile et aléatoire. Il prolonge la durée de séjour dans les hôpitaux ce qui favorise la propagation des infections. De plus, ces nouvelles souches résistantes, autrefois limitées au milieu hospitalier, se retrouvent maintenant de plus en plus dans la population qui devient aussi un foyer de contamination à l'origine d'IN. Aux Etats-Unis actuellement, 60% des souches de SARM sont communautaires et 58% des infections aux SARM dans la population sont associées à la pratique des soins. Toujours aux États-Unis, 34% des cas de C. difficile sont d'origine communautaire. Au Québec, 10% à 12% de ces IN sont aussi d'origine communautaire suivant l'Institut National de la Santé Publique. (INSPQ).



  • Parce que les progrès de la médecine permettent de traiter des maladies autrefois incurables, ils amènent à l'hôpital des malades plus fragiles et sensibles aux infections en raison de leur âge, de leur maladie ou de leur traitement (chimiothérapie, radiothérapie etc....). Depuis toujours, les populations humaines ont dû faire face et s'adapter aux maladies infectieuses. Seuls ont survécu et se sont reproduits les individus capables de développer des gènes de résistance. Depuis le début du XXème siècle, une meilleure hygiène, une alimentation plus sécuritaire, des organismes sanitaires  plus efficaces, les vaccins et les antibiotiques ont rompu d'une certaine manière cet équilibre biologique entre les humains et les germes infectieux, favorisant le développement des infections.



  • Parce que, à la suite de cette diminution importante des risques infectieux, les recherches sur la prévention et le traitement infectieux ont été dévalorisées. Les compagnies pharmaceutiques ont réduit leurs recherches dans le domaine des antibiotiques. Les systèmes de santé, trop confiant dans l'efficacité des antibiotiques, ont été moins rigoureux dans la surveillance, la prévention et le contrôle  des infections. Et actuellement, leur modèle de gestion ne répond plus à l'évolution des techniques médicales, aux risques qu'elles génèrent et aux nouveaux besoins et droits des usagers. On ne peut plus mesurer la performance des hôpitaux et des services de santé seulement à l'offre des techniques et des outils médicaux les plus efficaces. Elle se mesure aussi et d'abord à leur capacité d'offrir des soins qui soient accessibles à tous, de qualité et de sécurité optimale.


Il ne sert à rien de poser le dernier modèle de prothèse de hanche le plus efficace si le malade doit mourir dans les semaine ou les mois qui suivent d'une infection parce que des mesures de prévention aussi simples que l'hygiène des mains ne sont pas respectées.


Autre informations

Association française Le Lien

Journées nationales sur les IN - France, février 2008

Revue médicale Doctissimo

 

Des chiffres qui parlent:

Les infections associées aux soins nosocomiales (contractées à l'hôpital) font chaque année autant de victimes que le cancer du sein, le sida et les accidents de la route réunis au Québec comme au Canada.
au Québec seulement chaque année:

  • 1 patient sur 11 infecté soit 90 000 patients touchés  (9%)
  • 4000 décès

En France:

  • 4,9% aux dernières statistiques de 2008


Au moins 50% ont évitables avec une bonne hygiène des mains.Ce serait déjà un bon début au Québec ou Canada!
 
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