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LES PRINCIPALES MESURES DE PRÉVENTION DES INFECTIONS NOSOCOMIALES

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Il faut distinguer les six mesures de base applicables dans tous les établissements et qui devraient être connues par l'ensemble des usagers. Les mesures additionnelles pour chaque type d'infection qui s'adressent essentiellement aux professionnels.

Les six mesures de base :

  1. Dépistage des patients à risque à l'admission (voir texte « Pourquoi contracte-t-on une IN »)
  2. Isolement de ces patients à risque en chambre privée pour éviter la contamination des autres patients. L'isolement «en cohorte» dans une unité de soins dédiée est préférable à l'absence d'isolement mais n'est pas la solution optimale. On ne peut isoler dans une même unité de soins les patients colonisés ou infectés par des bactéries différentes sous peine de contaminations croisées entre les uns et les autres. C'est pourquoi les futurs CHU de Montréal n'auront que des chambres privées. Étant donné la vétusté de la plupart des établissements de santé du Québec, un programme de rénovation s'impose pour qu'ils répondent aux normes internationales actuelles de qualité et de sécurité des soins. On ne peut exiger des médecins et infirmiers qu'ils isolent les patients à risque dans des chambres privées s'ils n'en ont pas à la leur disposition.
  3. Hygiène des mains avant et après tout contact avec un patient. Le respect rigoureux de cette mesure par le personnel et les usagers permet à lui seul de diminuer de 50% le nombre d'IN en quelques mois.
  4. Mesures barrières - blouse, gants, masque - pour tout contact avec un patient colonisé ou infecté.
  5. Hygiène rigoureuse des locaux et du matériel : literie, mobilier, téléphone, commande de télévision, poignées de porte, claviers d'ordinateurs, brassards de tensiomètres, stéthoscopes, etc... sont autant de foyers permanents de contamination. Une chambre d'hôpital doit être nettoyée, et si nécessaire désinfectée, au moins une fois par jour. Le personnel d'entretien doit être considéré comme faisant partie de l'équipe de soins. Rechercher l'équilibre budgétaire en diminuant le personnel d'entretien c'est ouvrir la porte aux éclosions d'IN (6).
  6. Contrôle de l'utilisation des antibiotiques. Les antibiotiques ne sont nécessaires qu'en cas d'infections bactériennes et non pas virales. Leur utilisation inadéquate favorise le développement des résistances bactériennes et par conséquent l'aggravation des IN. En Europe et aux Etats-Unis, au moins 30% des prescriptions d'antibiotiques sont inutiles ou inadéquates. Qu'en est-il au Québec ? Cette mesure demande une information et une sensibilisation permanente des médecins, mais aussi des usagers trop souvent demandeurs d'antibiotiques par manque d'information.


Que doivent faire les patients hospitalisés et les victimes pour se protéger ? Les patients ont un rôle essentiel à jouer dans la prévention des IN.

Ils doivent :

  • Respecter scrupuleusement les règles d'hygiène des mains. Se laver les mains plusieurs fois par jour, après chaque contact avec un objet potentiellement contaminé, avant et après les repas, après être allé aux toilettes.
  • Demander au personnel soignant de se laver les mains avant de les toucher.
  • Veiller à l'entretien de leur chambre.
  • Signaler tout manquement à ces mesures. Il ne s'agit pas de désigner des coupables, mais de participer activement à l'amélioration de la sécurité des soins en collaboration avec le personnel.


Notre association ADVIN est à leur disposition pour les aider et les conseiller. Dans ce domaine de la participation des usagers, le Québec et le Canada ont encore un très grand retard sur l'Europe.

Notes :

  1. Appel en faveur d'une stratégie nationale de lutte contre les maladies infectieuses. Journée Nationale des Maladies Infectieuses - Ottawa - 18 octobre 2007. www.nidd.ca
  2. Rapport du Comité d'Examen sur la Prévention et le Contrôle des Infections Nosocomiales . Avril 2005. Ministère de la Santé et des Services Sociaux - Québec.
  3. Données de surveillance des infections à Clostridium difficile dans les centres hospitaliers du Québec. Ministère de la Santé et des Services Sociaux du Québec - Publications
  4. Ministère de la Santé et des Services Sociaux du Québec : Plan d'Action sur la Prévention et le Contrôle des Infections Nosocomiales et Cadre de Référence à l'Intention des Établissements de Santé du Québec. www.msss.qc.ca/nosocomiales
  5. OMS. Défi Mondial pour la Sécurité des Patients - octobre 2005
  6. Rapport d'Enquête de la Coroner Mme Catherine Rudel - Tessier. Septembre 2007 «Nous cherchons à protéger des vies humaines».

 

Des chiffres qui parlent:

Les infections associées aux soins nosocomiales (contractées à l'hôpital) font chaque année autant de victimes que le cancer du sein, le sida et les accidents de la route réunis au Québec comme au Canada.
au Québec seulement chaque année:

  • 1 patient sur 11 infecté soit 90 000 patients touchés  (9%)
  • 4000 décès

En France:

  • 4,9% aux dernières statistiques de 2008


Au moins 50% ont évitables avec une bonne hygiène des mains.Ce serait déjà un bon début au Québec ou Canada!
 
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