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LES INFECTIONS NOSOCOMIALES AU CANADA ET AU QUEBEC

26/09/08 - En l'absence d'un véritable système de surveillance des IN - incidence, morbidité, mortalité, ... - on ne connaît pas le nombre exact de victimes et de décès dus à ces infections (1-2).

La plupart des données publiées sont parcellaires, concernant principalement les IN au SARM ou au C.difficile, mais pas l'ensemble des IN. De plus, ces données sont trop souvent plus ou moins confidentielles, peu accessibles et compréhensibles par les usagers du système de santé et le public. Il manque au Canada comme au Québec dans le domaine de la santé une culture de la responsabilité et de la transparence. Pour les gestionnaires et les professionnels de la santé, les usagers sont toujours considérés comme des «bénéficiaires», au lieu de partenaires actifs au centre du système (3).


Les principales données sur les IN à notre disposition sont :

  1. L'enquête de prévalence canadienne de février 2002 (4) qui porte sur 29 hôpitaux. Elle indique que 9.8% des patients hospitalisés sont victimes d'une IN.
  2. La journée nationale des maladies infectieuses du 18 octobre 2007 (1) selon laquelle 1 patient sur 9 (11%) attrape une infection pendant son séjour à l'hôpital.


Toutes ces études portent uniquement sur les hôpitaux de soins aigus et ignorent totalement les soins de longue durée. Pourtant, une étude récente aux Etats-Unis (5) estime qu'il y a chaque année de 1.6 million à 3.8 millions d'IN dans les 15,000 centres de soins de longue durée où résident environ 1.5 million de personnes. Il serait étonnant que la situation soit différente au Québec et au Canada.



Les IN au Canada (1)

  • Environ 250,000 personnes sont victimes d'une IN chaque année (11% des patients hospitalisés).
  • Les IN tuent chaque année de 8,000 à 12,000 personnes (mortalité de 3.2% à 4.8%).
  • Les patients atteints d'un cancer ou d'une maladie cardiaque meurent souvent des suites d'une IN.
  • 40% des cancers (enfants et adultes) recevant une chimiothérapie sont victimes d'une IN.
  • 3.5% de tous les patients mourront d'une IN suite à une chimiothérapie ou une greffe de cellules souches.


Selon l'Agence Canadienne de Santé Publique (6), entre 1995 et 2003, le taux de porteurs de SARM - colonisés et infectés - est passé de 0.95% à 10.39%. En 2005, 29,000 nouveaux cas de SARM ont été signalés dont 38% dans la communauté, en dehors des hôpitaux.



Les IN au Québec



Au Québec, l'incidence des IN (11%) est supérieure à celle rencontrée dans plusieurs pays européens (4.5% à 7%). Dans plusieurs pays européens,elle est inferieure à 5%.

  • Entre 90,000 patients (9.8%) et 99,000 (11%) sont victimes d'une IN chaque année. Le taux de mortalité se situe entre 3 000 et 4500 chaque année.
  • Entre août 2004 et août 2007, on a relevé 14,841 patients victimes d'une IN au C.difficile dans seulement 94 hôpitaux de soins aigus. Le nombre exact de décès n'est pas connu, le système de surveillance de cette IN ne permettant pas de les comptabiliser (6).
  • Entre 2000 et 2003, selon le Groupe sur la Résistance aux Antimicrobiens (GRAM) du Comité sur les IN (CINQ), le taux de SARM est passé de 16.6% à 48%.
  • Pour la seule région de Montérégie, en 2005, il y a eu 1,751 cas de SARM (8), et 850 cas de C.difficile (7).


Au Québec comme au Canada, la mise en place d'un véritable système de surveillance des IN s'impose de toute évidence. Faute de quoi, on ne peut espérer gérer efficacement le risque infectieux nosocomial (9).




Quelques références utiles

  1. Fondation Canadienne des Maladies Infectieuses et associés : Journée Nationale des Maladies Infectieuses - Ottawa 18 octobre 2007. www.nidd.ca
  2. Comité d'examen sur la prévention et le contrôle des maladies infectieuses rapport_aucouin.pdf.pdf  . Ministère de la Santé et des Services Sociaux. Québec - Avril 2005
  3. Frontier Center For Public Policy - Health Consumer Powerhouse - Canada Health Consumer Index 2008.
  4. Comité sur les Infections Nosocomiales du Québec (CINQ). Normes en ressources humaines pour la prévention et le contrôle des infections nosocomiales au Québec - Avril 2004.
  5. SHEA / APIC Guideline : Infection Prevention and Control in the Long Term Facility. Infection Control and Hospital Epidemiology. Vol. 9, n.29. Septembre 2008.
  6. Agence de Santé Publique du Canada. Vol. 31 - 03, 1er février 2005. Surveillance du Staphylococcus aureus Résistant à la Méthicilline dans les hôpitaux canadiens.
  7. Institut National de la Santé Publique du Québec (INSPQ). Surveillance des diarrhées associées au C.difficile au Québec. Bilan du 22 août 2004 au 18 août 2007.
  8. Direction Régionale de la Santé Publique de la Montérégie. SARM - Sentinelle - Bulletin d'information en maladies transmissibles. Vol. 12 n.5 - Décembre 2005.
  9. Fondation Canadienne des Maladies Infectieuses. Une bataille qu'on peut gagner  : réduire de 50% l'incidence des infections associées aux hôpitaux. Communiqué de Presse - 22 septembre 2008. / cnwtecbec/ .

 

Des chiffres qui parlent:

Les infections associées aux soins nosocomiales (contractées à l'hôpital) font chaque année autant de victimes que le cancer du sein, le sida et les accidents de la route réunis au Québec comme au Canada.
au Québec seulement chaque année:

  • 1 patient sur 11 infecté soit 90 000 patients touchés  (9%)
  • 4000 décès

En France:

  • 4,9% aux dernières statistiques de 2008


Au moins 50% ont évitables avec une bonne hygiène des mains.Ce serait déjà un bon début au Québec ou Canada!