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LES IN DANS LE MONDE

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10-10-2008- Pourquoi cette rubrique ? Parce que les IN ne sont pas seulement un problème québécois et Canadien, mais un problème mondial. Et pour prévenir et contrôler efficacement les IN, il est important de connaître quelle est leur importance ailleurs dans le monde. Il faut pouvoir se comparer aux autres et se poser la question : pourquoi avons nous au Québec deux fois plus d'IN que dans la plupart des pays européens ? On ne gagnera pas la lutte contre les IN en se comparant à ceux qui font moins bien que nous mais à ceux qui font mieux.

«Nous avons été témoin ... de la propension à toujours vouloir «réinventer la roue»... Nous jugeons que dans ce domaine des infections nosocomiales, l'on aurait avantage à tirer profit des efforts et de la créativité des autres, de l'argent investi ailleurs... au lieu de réinventer la roue adoptons la à notre contexte spécifique et améliorons la» ( rapport_aucouin.pdf - Avril 2005)


Que savons-nous actuellement ?

D'abord qu'à chaque instant, 1.4 million de personnes sont victimes d'une IN à travers le monde, soit plusieurs centaines de millions dans l'année (OMS - Défi Mondial pour la Sécurité des Patients - octobre 2005).

Dans les pays développés, en moyenne entre 5% et 10% des patients hospitalisés sont victimes d'une IN la plupart du temps évitable, 25% en soins intensifs. Et dans les pays en développement, ils sont entre 40% et 50%. Dans ces pays, 4,384 enfants meurent chaque jour d'une IN (OMS - Octobre 2005).

Aux Etats-Unis on estimait en 2001 à 2 millions de personnes chaque année le nombre d'IN avec 100,000 décès (Centre de Contrôle des Maladies - CDC Atlanta). Les IN font chaque année autant de décès que le cancer du sein, le sida et les accidents de la route réunis. Mais en mars 2007, une autre étude de ce même organisme a montré que ces chiffres étaient loin de correspondre à la réalité parce qu'ils s'appuyaient sur des données incomplètes. Elle concluait à la nécessité urgente de mettre en place un système de surveillance basé sur des critères standardisés dans tous les établissements. En juin 2007, une enquête de prévalence de l'Association pour les Professionnels en Contrôle des Infections et Epidémiologie (APIC) a révélé que 3.4% des patients hospitalisés étaient victimes d'une infection au SARM (Staphylocoque résistant aux antibiotiques) soit 1.2 million par an. 450,000 autres étaient colonisés par la bactérie et susceptibles de contaminer leur environnement. Toujours en 2007, une autre étude montrait que chaque année, 3 millions de personnes avaient une diarrhée après antibiothérapie et qu'entre 1993 et 2003, le nombre de cas de C.difficile avait augmenté de 100% et la mortalité de 150%. Pour ces deux bactéries, il y aurait chaque année plus de 4 millions de victimes.

En Europe, entre 4.6% et 9% des patients hospitalisés sont victimes d'une IN soit environ 5 millions par an avec 185,000 décès. En France, l'incidence des IN en 2006 est de 4.6% (11% au Québec) avec 750,000 victimes et de 5,000 à 10,000 décès.

En Suisse et en Belgique, l'incidence avoisine les 7%, avec 70,000 et 115,000 victimes. Aux Pays-Bas et au Danemark, l'incidence du SARM est inférieure à 1% (48% au Québec en 2003).

Nous avons beaucoup à apprendre de ce qui se passe ailleurs.
 
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