Mais rares sont les pays où ces coûts ont été calculés de façon précise. Cependant, des études de plus en plus nombreuses montrent qu'ils pèsent lourdement sur les budgets de la santé et, parce que la plupart des IN sont évitables, représentent un véritable gaspillage des ressources affectées à la santé, alors que son financement pose problème dans tous les pays occidentaux. Au Québec, le budget de la santé représente 40% du budget de l'état.
Les coûts des IN au Canada
Selon la Journée Nationale des Maladies Infectieuses (1), une IN génère des coûts additionnels de 12,000 à 35,000 $ / patient, ce qui est dans la norme des données publiées ailleurs. Aux Etats-Unis par exemple, le coût moyen d'une IN est estimé à 15,275 $ (2-3) ; en France, le coût total des IN est estimé de 2.5 milliards à 6 milliards d'euros (4).
Les coûts des IN au Québec.
En 2005, le comité sur la Prévention et le Contrôle des IN (5) estime leur coût d'environ 180 millions / an. Mais cette estimation s'appuie sur des données anciennes, avec une prolongation de l'hospitalisation de 4 jours pour un coût additionnel de 2,000 $. Actuellement, cette prolongation de l'hospitalisation est d'environ 15 jours, certains patients pouvant rester des semaines et parfois des mois à l'hôpital sans parler des récidives.
Des données récentes (2006) (6) donnent les chiffres suivants pour les seules infections du site opératoire (ISO) et les bactériémies associées aux cathéters veineux centraux (BCVC):
1/ ISO : 3,386 cas
- Durée moyenne de séjour : 30.98 jours (7.45 sans IN)
- Coût / patient : 26,995 $ (8,750 sans IN)
- Coût total : 91,243,100 $
2/ BCVC : 1,336 cas
- Durée moyenne de séjour : 38.06 jours (24.74 sans IN)
- Coût / patient : 45,350 $ (25,436 sans IN)
- Coût total : 60,587,600 $
Coût total ISO + BCVC : 4,716 cas: 151,830,700 $
Ces deux IN représentent environ 30% du total des IN. On peut donc estimer qu'à elles seules, elles coûtent environ 900 millions $. Le coût total de l'ensemble des IN peut avoisiner les 2 milliards $. Ces estimations demandent à être précisées, mais elles montrent que le coût des IN représente de toute façon une lourde charge pour le budget de la santé.
De plus, ces coûts concernent uniquement les soins de courte durée et ne tiennent pas compte de ceux que ces IN infligent aux patients et à leur famille : perte de revenus, d'emploi, invalidité, décès etc...
Quelques références :
- Fondation Canadienne des Maladies Infectieuses et associés. Journée Nationale des Maladies Infectieuses - Ottawa - 18 octobre 2007 www.nidd.ca
- Mc Caughey B. Reduce Infection Deaths : Unncessary Deaths : The Human and Financial Costs of Hospital Infection 3rd Edition 2008
- Pennsylvania Health Care Cost Containment Council :
pennsylvania_hia_report.pdf - April 2008 - Office Parlementaire d'Évaluation des Politiques de Santé (OPEPS) France. Prévenir les Infections Nosocomiales : une exigence de qualité des soins hospitaliers. Rapport n. 421 - 2005-2006
- Comité d'Examen sur la Prévention et le Contrôle des Infections Nosocomiales. Rapport avril 2005 - Ministère de la Santé et des Services Sociaux - Québec.
- Lemay A. Centre Hospitalier Universitaire de Montréal (CHUM) - Soins de Santé plus Sécuritaires Maintenant. Mesures de Performance en Santé. Conférence Insight Information. Montréal 19-20 septembre 2007
- Programme de lutte contre les IN - France
Les infections associées aux soins nosocomiales (contractées à l'hôpital) font chaque année autant de victimes que le cancer du sein, le sida et les accidents de la route réunis au Québec comme au Canada.
au Québec seulement chaque année:
- 1 patient sur 11 infecté soit 90 000 patients touchés (9%)
- 4000 décès
En France:
- 4,9% aux dernières statistiques de 2008
Au moins 50% ont évitables avec une bonne hygiène des mains.Ce serait déjà un bon début au Québec ou Canada!
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