Selon le dernier rapport statistique du Ministère de la Santé et des Services Sociaux (MSSS) du Québec, les hôpitaux du Québec sont confrontés à une hausse constante de plusieurs infections nosocomiales (acquises à l'hôpital) notamment des infections causées par la bactérie ERV - entérocoque résistant à la vancomycine. Le nombre des infections à ERV a augmenté de 834 cas en 2006 à 1, 154 cas en 2009.
ERV est souvent associée à la bactérie SARM très présente dans la plupart des hôpitaux, et ce cocktail de bactéries met les patients en danger et confronte les médecins à un cul-de-sac thérapeutique: les antibiotiques font de moins en moins effet sur ces super bactéries résistantes.
Le système de surveillance de certaines infections nosocomiales mis en place par le MSSS depuis 3 ans et les efforts développés par le milieu pour combattre ces infections permettent de constater une baisse des taux moyens de C.difficile. Toutefois, cette baisse est loin d'être le lot de tous les hôpitaux: seulement 36% des hôpitaux surveillés - soit 34 sur 95- ont constaté une baisse constante et maintenue de leur taux de C.difficile. (bilan de l'INSPQ- Institut de Santé Publique du Québec - d'août 2008 à août 2009)é
La bataille contre les infections nosocomiales réclame des mesures permanentes de prévention et contrôle et surtout un engagement de l'ensemble du personnel, du directeur au personnel de base. Même si les hôpitaux sont confrontés à des patients plus âgés ou de condition médicale plus à risque, ils doivent prendre les mesures pour éviter les infections à ces patients en particulier. Il n'est pas acceptable de justifier les taux élevés d'infections nosocomiales par l'âge et la pathologie des patients quand on connaît les moyens pour éviter de les infecter.
Au congrés international de l'APIC (Association for Professional in Infection Control)- avril 2010 - un regroupement de spécialistes en prévention des infections a lancé une déclaration d'intention qui «vise l'élimination des infections nosocomiales». Selon ces spécialistes, tous les moyens existent pour prévenir ces infections, mais pour réussir, il faut une solide volonté nationale des pouvoirs publics et de la santé publique et une engagement massif de tous les hôpitaux.
Partout où des équipes se sont mobilisées autour de plans de prévention structurés avec des objectifs bien ciblés, on a réussi à faire baisser de façon constante et significatives les taux de ces infections évitables. On a ainsi épargné des souffrances et les deniers publics. Les coûts de la prévention sont rapidement compensés par la baisse des coûts de traitement.
| < Précédent | Suivant > |
|---|




