le ministère de la Santé Publique vient de mettre en place huit centres français pour le traitement complexe des infections nosocomiales graves par des équipes multi disciplinaires d'experts : le CHU de Lille, le CHU de Reims, le CHU de Tours, les Hospices civils de Lyon, l'AP-HM en région Provence-Alpes-Côte d'Azur, le CHU de Toulouse et pour l'Île-de-France, le Groupe hospitalier Diaconesse-Croix Saint-Simon et le CHU Raymond-Poincaré.
Une enveloppe budgétaire de 900 000€ ( 1 350 000$) sera destinée à la mise en place de ces centres. Un budget de 150 000 €/an ( 225 000$) leur sera ensuite alloué. « Il ne suffit pas d'être chirurgien pour venir à bout de ce genre d'infection, décrypte Patrick Mamoudy, responsable du service. Le nettoyage d'une infection nosocomiale nécessite certaines connaissances que tous n'ont pas. De même, il faut des biologistes spécialisés, capables de reconnaître exactement les bactéries en cause et de préconiser le bon antibiotique.» Sans ces soins hyper spécialisés, le patient peut se retrouver invalide, voire mourir.
‘Cela fait des années que nous réclamions au ministère sa reconnaissance et le développement de structures similaires sur tout le territoire. La création de ce réseau de huit centres est donc une très bonne nouvelle.' A déclaré Jean-Michel Ceretti, fondateur de l'association Le Lien, qui milite en faveur des victimes des infections nosocomiales et de leur prise en charge par l'État. http://lelien.typepad.fr.
Ces nouveaux centres viennent consolider les nombreuses mesures adoptées depuis 2002 pour la lutte contre les IN. Avec 4,9% d'infections nosocomiales, la France a le plus bas taux d'Europe et deux fois moins d'IN qu'au Québec. De plus, le taux d'IN français est en diminution constante. C'est le résultat d'une politique de tolérance zéro pour le risque infectieux nosocomial.
Rappel des mesures adoptées par la France pour lutter contre les IN
Déclaration obligatoire et publication du taux des IN et de mortalité de chaque hôpital à partir de 2009.
Le conseil national de la chirurgie élabore une ‘check list' pour améliorer la sécurité des interventions et autres actes invasifs (cathéter veineux centraux, ventilation assistée etc.). Une check list est un protocole écrit qui précise la séquence dans laquelle tous les actes chirurgicaux ou autres actes invasifs doivent être faits. Un/e assistant/e note l'exécution de chaque acte et arrête le programme si l'un d'eux est oublié. C'est le même principe que les check lists utilisées dans l'aviation avant le décollage et l'atterrissage pour assurer une sécurité maximale de l'appareil. Ce processus de check list est déjà utilisé aux États-Unis dans de nombreux hôpitaux avec des résultats très encourageants. Elle a permis à de nombreux hôpitaux de ne plus avoir de bactériémie (infection du sang) associée aux cathéters veineux centraux ni aucune pneumonie lors de ventilation assistée pendant plusieurs mois et parfois jusqu'à 2 années.
Ces mesures ont l'avantage d'être simples et peu coûteuses. Elles prouvent une fois de plus que l'amélioration de la sécurité des soins et le contrôle des coûts relève d'abord d une volonté politique et pas d'une augmentation des budgets.
Un lien spécifique dédié à l'information sur les infections nosocomiales a été mis en place sur le site internet du ministère de la santé : "www.sante.gouv.fr/htm/dossiers /". Un portail téléphonique d'information est accessible au 0820 03 33 33 (0,12E par mn).
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