Au début de notre millénaire, les infections nosocomiales faisaient la une de la presse française. Mais aujourd'hui, d'après l'institut de Veille Sanitaire (INVS), les hôpitaux français sont plus sûrs. Le plan de lutte musclé et structuré mis en place par le ministère de la Santé française a porté fruit.L'essentiel du plan: une grande mobilisation de la communauté hospitalière pour une meilleure politique de prévention.
En 2006, l'INVS a procédé à la plus vaste enquête réalisée à ce jour: 2 337 établissements de santé publics et privés (95 % des lits d'hospitalisation) et 358 467 patients.
L'objectif ? Mesurer sur un jour, la prévalence (la proportion) des infections nosocomiales.
Résultats: 5 %. Un chiffre qui place la France dans la limite basse des taux des pays européens. Comparé à la dernière enquête datant de 2001, les infections nosocomiales ont diminué de 4 %. Une baisse certes modérée, mais qui s'accompagne d'une nette réduction (-38 %) des infections à staphylocoques doré résistants à l'antibiotique de référence, la méthiciline. Un progrès notable quand on sait que ces bactéries font partie des trois premiers micro-organismes les plus fréquemment responsables d'infection.
Ne pas s'asseoir sur ses lauriers, mais consolider les acquis et apporter d'autres améliorations sont les constatations de l'association française Le Lien, qu'on peut considérer comme un des acteurs essentiels des progrès accomplis.
L'association préconise maintenant une meilleure information du patient lorsqu'il contracte une telle maladie, ainsi qu'une prévention renforcée. Un lavabo et une solution antiseptique disponible pour chaque lit, telle est l'une des revendications élaborées dans la Déclaration de Paris. Le LIEN souhaite également que, pour l'avancement des directeurs d'établissements de santé, on prenne en compte les résultats du tableau de bord de l'établissement.
Le Dr Michel Denis, médecin responsable de la commission Hygiène à l'hôpital Tenon à Paris regrette que la déclaration de toutes les infections nosocomiales ne soit pas obligatoire. "Théoriquement, on doit les déclarer depuis 2002, mais la loi ne précise pas auprès de qui. Un décret devait confimer et préciser la procédure, qui n'est jamais arrivé." Un tel système existe déjà en Suisse, par exemple. Aux Etats-Unis, les établissements qui omettent de déclarer certaines infections nosocomiales s'exposent à des sanctions financières.
Le Québec dispose d'un plan de lutte contre les infections nosocomiales depuis 2006. Il vient d'être renouvelé pour 2009-2015. La Direction de la Santé Publique a également mis en place une surveillance des infections les plus courantes et graves: infections causées par les bactéries multi-résistantes C.difficile, SARM, ERV. Toutefois, les résultats ne sont pas publiés en temps réel. Ils sont impossibles à lire pour les non-initiés. Le public n'a aucune connaissance des retombées de ce plan. Impossible de savoir si l'hôpital de votre secteur est sécuritaire au plan des infections noscomiales. Les campagnes d'hygiène des mains manquent de mordants et on n'en évalue pas suffisamment les résultats.
On ne constate pas un engagement véritable de la communauté hospitalière, personnels de santé comme administrateurs, dans la lutte contre ces infections. Pourtant elles sont toutes évitables, font des victimes inutiles et coûtent excessivement cher au système de santé.
A quand un tableau de bord des hôpitaux québécois pour éveiller les consciences?
Source: l'internaute magazine
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