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LES CHAMBRES PARTAGÉES AUGMENTENT CONSIDÉRABLEMENT LE RISQUE DE CONTRACTER UNE INFECTION NOSOCOMIALE

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Les hôpitaux du Québec n’ont pas assez de chambres privées avec salle de bain individuelle pour contrôler les nombreuses infections nosocomiales qui frappent leurs patients. C’est le dernier rapport de l’INSPQ – Institut de Santé Publique du Québec – qui dénonce cette situation. Ces infections sont dangereuses pour les patients, augmentent considérablement les coûts des soins et la durée d’hospitalisation, grugeant ainsi sur les budgets des hôpitaux. Il ne faut pas oublier que les infections nosocomiales sont une lourde charge pour le personnel soignant comme pour le personnel de soutien.

Nos hôpitaux sont confrontés à des bactéries de plus en plus résistantes et difficiles à traiter : C.difficile, SARM (Staphylocoque aureus résistant à la methiciline, ERV (entérocoque résistant à la vancomicine), sont les plus connues.

Ces bactéries nécessitent des mesures de précautions plus étendues et plus strictes pour prévenir les infections.

Un pourcentage élevé de la transmission se fait directement de personne à personne.

La première mesure à prendre avec un patient touché par une infection contagieuse est de l’isoler, puisque le partage d’une chambre ou d’une la salle de bain favorise la transmission des bactéries, indique l’INSPQ

L’augmentation du nombre de lit dans une chambre est associée directement à l’augmentation du risque de contracter une de ces infections. Cette constatation vaut également pour les unités de soins intensifs chirurgicaux. Ces résultats sont basés sur de nombreuses études, tant au Québec, Canada, qu’en Europe.

Le manque de chambres individuelles avec salle de bain privée a conduit les administrateurs et médecins à trouver toutes sortes d’alternatives qui sont inadéquates et «ont des répercussions importantes sur la qualité des soins et les ressources hospitalières».

  • Afin d’isoler le patient infecté, on transforme une chambre à plusieurs lits en chambre individuelle ce qui réduit l’offre d’hospitalisation pour les autres patients et augmente considérablement les coûts pour l’hôpital.
  • Souvent cette chambre est située dans un service ne détenant pas l’expertise médicale pour contrôler l’infection. Ce déplacement de patient entraîne une augmentation des besoins en désinfection avant et après etc.

Le CINQ demande que les nouvelles constructions comptent 100% de chambre privée avec salle de bain individuelle et que celles que l’on rénove, plus de la moitié. Il est également nécessaire que toutes les salles d’urgence et les unités de soins intensifs soient équipées selon ces normes.

La situation des hôpitaux de la province est loin de ce compte!

Actuellement, les centres hospitaliers de la province comptent en moyenne 24% de chambres simples, 46,5% de chambres doubles, et 27% de chambres de trois patients et plus. Dans les salles d’urgence, où plusieurs patients peuvent être porteurs ou exposés à des infections, la proportion de chambres individuelles avec toilette privée est inexistante ou presque.

Chambres privées égale baisse des taux d’infections et des coûts d’hospitalisation

«Plusieurs études ont démontré que les coûts initiaux associés à la construction de chambres individuelles sont récupérés par une diminution des coûts d’opération et une réduction de la survenue d’infections nosocomiales», écrit l’INSPQ.

  • Au Michigan, la construction récente d’un hôpital équipé de chambres individuelles avec sdb privée a permis des économies annuelles de 500 000 US$ en diminution des coûts associés aux infections nosocomiales (transferts des patients et coûts des traitements).
  • Au Québec, l’exemple de l’hôpital Le Gardeur est frappant. L’hôpital Pierre-LeGardeur, qui a inauguré en 2004 un tout nouveau bâtiment contenant 60% de chambres individuelles avec toilette et des salles d’isolement à l’urgence, a vu son nombre annuel d’infections passer de 111 à huit. «C’est sûr que les chambres ont beaucoup contribué à cette réussite», indique la responsable de la prévention des infections, Johanne Gravel. Elle ajoute qu’une nouvelle équipe attitrée au lavage des mains du personnel, des patients et visiteurs qui se promène 24 heure sur 24 avec du gel antibactérien et qui s’assure que les stations de lavage sont propres, a aussi joué un rôle important.

Les chambres privées permettent aussi d’augmenter le taux d’occupation en limitant les fermetures d’unités complètes et de réduire la durée de séjour dans les établissements.

Au cours des dernières années, un grand nombre de pays occidentaux ont adopté des politiques visant une forte augmentation du nombre de chambres individuelles avec salle de bain privée dans tous les centres de soin. Dans certains pays, on vise à 100% de chambres individuelles.

 
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