Depuis 3 ans, l'ensemble des pays européens participent à une campagne annuelle «les antibiotiques,ça ne doit pas être automatique» afin de sensibiliser le milieu médical comme la population, à un meilleur usage des antibiotiques. Cette campagne qui s'ajoute à celle sur l'hygiène des mains - 5 mai journée mondiale de l'hygiène des mains - montre le leadership des autorités de santé dans leur lutte contre les infections nosocomiales. Rien de tel de côté-ci de l'Atlantique!
La famille des antibiotiques comprend aujourd’hui de très nombreux médicaments, certains d’usage courant, d’autres réservés à un usage très spécifique en milieu hospitalier. Entre mauvais usage, surconsommation et automédication, le formidable potentiel thérapeutique de ces médicaments est menacé, tout simplement parce que les micro-organismes y sont de plus en plus résistants.
En Europe un ensemble de campagnes, intitulé « Les antibiotiques, c’est pas automatique », vise à informer le public sur l’inutilité des antibiotiques dans certaines situations (les infections virales respiratoires, notamment, comme la grippe ou la bronchiolite par exemple). L’effort a porté ses fruits avec une diminution de la consommation des antibiotiques. Les antibiotiques sont inefficaces contre les infections virales qui représentent la majorité des rhumes, des angines et des otites. Ils sont donc souvent inutiles. Pour vous donner un exemple, un Hollandais un Allemand ou un Scandinave consommaient chaque année entre deux et trois fois moins d'antibiotique qu’un Français. Mais là-aussi, la campagne a porté fruit avec une diminution de 24% de leur consommation en 5 ans.
Les objectifs de ces campagnes sont également économiques : un meilleur usage des antibiotiques répond aussi à l’impératif de baisse des coûts de l’Assurance maladie. En France, on a calculé les dépenses évitées à environ 850 millions d'euros (1 milliard deux cent mille $CDN).
D’un point de vue médical, certaines situations deviennent réellement préoccupantes. Un nombre croissant de souches de staphylocoques dorés, d’haemophilus ou de pneumocoques, pour ne prendre que ces exemples, résiste aux antibiotiques. Certaines souches de bacilles de la tuberculose sont même devenues réfractaires aux antituberculeux classiques. Il en va de même en milieu hospitalier où les bactéries multirésistantes provoquent des infections postopératoires graves et difficiles à traiter. C’est pourquoi un certain nombre d’antibiotiques ne peuvent être prescrits par les médecins de ville et sont réservés aux cas les plus graves, à l’hôpital.
Le champion: la Norvège
Depuis 25 ans, la Norvège a démontré que le meilleur moyen de réduire les infections est de réduire l'usage des antibiotiques. Cela évite que les bactéries développent des résistances et deviennet presque impossible à éradiquer. Le pays est devenu ainsi l'un des moins “infectés” au monde. Une partie significative du programme consistait à réduire l'utilisation des antibiotiques. Les experts mondiaux ont bien analysé les résultats extraordinaires de la Norvège et souhaitent répliquer la méthode ailleurs. Cela pourrait potentiellement sauver 19000 personnes aux États-Unis par exemple. Le problème en effet est le développement de souches de bactéries résistantes comme le staphylocoque doré. L'OMS annonce que la résistance aux antibiotiques est une des principales menaces pour la santé publique.
Le modèle norvégien va droit au but:
- les médecins norvégiens prescrivent moins d'antibiotiques que leurs collègues dans les autres pays développés, ce qui empêche leurs patients de développer des résistances aux antibiotiques.
- Les patienst porteurs de SARM sont détectés à l'admission dans un hôpital et immédiatement isolés
- Le personnel est testé régulièrement et s'il est porteur du MRSA,il doit rester chez lui.
- Les médecins enquête chaque cas de SARM pour savoir d'où vient le patient, et savoir avec qui il a été en contact pour éventuellement tester ces personnes
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