CALGARY - Les infections à C difficile, infections tenaces dont peinent à se débarrasser de nombreux hôpitaux d'Amérique du Nord, pourraient être éradiquées grâce aux anticorps des lamas, selon une nouvelle étude. On en est toutefois qu'au stade de la recherche.
Le clostridium difficile, une bactérie causant souvent des diarrhées d'origine infectieuse, affecte particulièrement les patients ayant reçu des antibiotiques pour soigner une infection. Les antibiotiques entraînent une diminution des bactéries utiles logées dans l'intestin, et ouvrent ainsi la porte au C difficile. Cette bactérie dite opportuniste, qui résiste à la plupart des antibiotiques, a notamment la caractéristique de se multiplier de façon incontrôlable. En 2002, la bactérie C.difficile a muté vers une souche très toxique souvent mortelle et résistante à presque tous les antibiotiques.
Une récente étude de l'Université de Calgary et du Conseil national de recherches à Ottawa révèle qu'un anticorps du lama,un paisible animal des cordillères d'Amérique du Sud, pourrait combattre le C difficile. Le docteur Glen Armstrong, du département de médecine de l'Université de Calgary, a rappelé que les antibiotiques actuels ont perdu leur efficacité contre le C difficile. Il a aussi souligné que les résultats de cette nouvelle recherche, publiée vendredi dans la version imprimée du Journal of Biological Chemistry, sont prometteurs. Selon lui, cet anticorps pourrait s'avérer une solution des plus utiles dans les traitements pour combattre le C difficile.
Il est pratiquement impossible de déloger cette bactérie des hôpitaux, a soutenu pour sa part le docteur Kenneth Ng, professeur associé à l'Université de Calgary. Il a ajouté que le C difficile affectait entre cinq et dix pour cent des patients recevant des antibiotiques à l'hôpital. Un traitement contre le C.difficile coûte en moyenne 16 000$ par patient, un lourd fardeau pour les budgets exangues de nos hôpitaux!
Les chercheurs tentent de déterminer de quelle façon les protéines toxiques produites par le C difficile s'attaquent aux cellules de l'intestin, a fait savoir le docteur Ng. Les anticorps du lama pourraient contrecarrer l'activité des toxines.
Le médecin a spécifié qu'il était trop tôt pour dire si cette trouvaille sera utilisée par le corps médical pour soigner la maladie.
Petite note:
Au Québec, la plupart des gens parlent de «la c.difficile» - cette féminisatin du nom est incorrecte. La bactérie en question se nomme Clostridium difficile. C'est un nom latin, comme beaucoup de noms de maladies, mais c'est un nom masculin comme presque tous les noms terminés en «um» en latin
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