La souche de type 027 est particulièrement redoutable. Apparue dans les années 2000 au Canada - plus particulièrement au Québec - et aux États-Unis, elle résiste à certains antibiotiques, et cause des infections du gros intestin - des colites pseudomembraneuses - avec de fortes diarrhées et des douleurs sévères. Le C. difficile est beaucoup moins fréquent dans la plupart des pays européens.
Cette infection peut durer plusieurs semaines voire plusieurs mois et elle est très invalidante pour le patient. Elle peut aussi causer la mort du patient en peu de jours. Dans certains cas, l'ablation d'une partie de l'intestin est nécessaire.
La plupart du temps, l'infection apparaît suite à des traitements aux antibiotiques qui en décimant la flore intestinale, laissent la voie libre à la bactérie C.difficile.Les personnes au système immunitaire fragile, plus particulièrement les personnes âgées, sont particulièrement sensible à cette infection.
Le C.difficile est très contagieux, par les mains du personnel, du patient lui-même et par l'environnement. Les spores de C.difficile peuvent rester actives plus de 28 semaines sur n'importe quelle surface - barres du lit, table de nuit, comptoir etc. La désinfection des chambres doit être faite selon des normes très précises sous peine de contaminer les patients suivants.
Depuis 2003, le nombre d'infections à C. difficile s'accroît en Amérique du Nord avec, dans une proportion importante, des formes sévères et récidivantes. Entre 1994 et 2004, la fréquence de la souche "027" a été multipliée par dix au Québec et, depuis 1996, elle a triplé aux Etats-Unis. Au Québec, le C.difficile fait l'objet d'une surveillance de la part de la Santé Publique. Si dans l'ensemble, on a noté une baisse moyenne de son taux, les résultats sont très variables d'un hôpital à l'autre.
En Europe, la bactérie reste à un niveau bien inférieur à celui de l'Amérique du Nord, et on surveille de très près son expansion.
Source: Étude du professeur Martijn Bauer de l'Université de Leiden, Pays-Bas - financé par le Centre Européen deContrôle des Maladies (ECDC)
The Lancet: British Medical Journal
| < Précédent | Suivant > |
|---|




