Bactéries et germes en tout genre nous menacent dès le pas de la porte d’un hôpital franchi. Au Québec et Canada, 10% des patients hospitalisés contractent une des ces infections dites nosocomiales. Tous les pays sont affectés mais à des degrés différents selon les politiques de prévention et contrôle mises en place. Lutter contre ce fléau hospitalier nécessite des moyens colossaux pour désinfecter du sol au plafond ainsi que tout le matériel en contact avec les patients.
Ces infections devraient être la bête noire des responsables de santé, du directeur d'hôpital jusqu'àu ministre de la santé, car elles sont peu flatteuses pour l’image de nos systèmes de santé développés et, surtout, onéreuses. Si mourir d’une septicémie était, au siècle dernier, courant après une intervention chirurgicale, étrangement les infections nosocomiales sont des maladies modernes. La banalisation des procédures médicales plus ou moins invasives, la gravité des pathologies prises en charge, le vieillissement de la population, la forte concentration hospitalière, en malades comme en personnel, en favorisent la recrudescence.
Un coup d’éponge ne suffit pas à éradiquer des bactéries et des microbes de plus en plus résistants aux produits chimiques. La panoplie d’armes à disposition est large : des solutions d’hygiène pour les mains, utilisées par le personnel en blouse blanche, jusqu’au laveur-désinfecteur et au système de décontamination à la vapeur de peroxyde d’hydrogène. Nettoyer le nouveau matériel technologique comme les appareils d’imagerie médicale et les robots d’intervention chirurgicale informatisés ne se fait pas à grande eau mais avec des engins de stérilisation à haute (pour les autoclaves) ou basse température, à base d’électrons…Ce marché est loin d’être stérile
Si les fabricants de savonnettes sont nombreux, il n’existe, en revanche, que quelques spécialistes de la décontamination et de la stérilisation à dimension internationale. Les américains Johnson & Johnson (US4781601046) et Steris (US8591521005), l’allemand Miele, le suédois Getinge (SE0000202624) et le suisse Belimed, filiale de Metall Zug Group (CH0039821084), se partagent le marché de la désinfection, estimé à 700 millions de dollars (selon Getinge). Sur le marché de la stérilisation, évalué à environ 1 milliard de dollars, on retrouve Steris, Getinge, Belimed et le japonais Sakura. Steris et Getinge sont deux géants avec, respectivement, un chiffre d’affaires, pour le dernier exercice, de 1,26 milliard de dollars et de 22,8 milliards de SEK (soit 3,15 milliards de dollars). Plus petit, car il est spécialisé dans une technique de décontamination à la vapeur de peroxyde d’hydrogène dans laquelle il concurrence Steris, le britannique Bioquell (GB0004992003) a enregistré des ventes de 39,2 millions de livres sterling (60 millions d’euros) l’an passé.
Plus impressionnants encore, les taux de croissance du chiffre d’affaires de ces acteurs. Il a été de 14% en un an pour Bioquell. Depuis sa cotation en 1993, Getinge enregistre une croissance annuelle moyenne de 22%. Peu de risques clients pour eux. Ils vendent non seulement aux structures médicales et hospitalières mais aussi aux diverses maisons de santé (de retraite, cliniques, établissements psychiatriques…), aux laboratoires pharmaceutiques et de recherche ainsi qu’aux pharmacies. Dans nos pays développés mais aussi, de plus en plus, dans les émergents, où les besoins grandissent à mesure que les systèmes de santé se mettent en place. Getinge cherche ainsi à se renforcer dans les BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine). Bioquell a ouvert un bureau en Asie. Beaucoup ont déjà des sites de production en Chine. Ces ennemis des bactéries sont une saine source de plus-values.
Quelques chiffres:
France: taux moyen d'infection nosocomiales: 4,9% (un des meilleurs en Europe)
Québec: 10%, 4000 décèsestimé par an.
Canada: 10%, 12 000 décès estimé par an
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