Le risque zéro n’existe pas dans la vie quotidienne comme à l'hôpital. Mais dans ces lieux à haut risque de contamination, tous les efforts devraient converger vers le zéro pour la meilleure protection possible des patients. Notre santé n'a pas de prix mais elle a un coût et la quête de l'hygiène maximale brasse des millions de dollars.
Les infections nosocomiales (celles qu'on attrape lors de soins, tests,examens, séjour à l'hôpital) sont un vrai fléau pour les hôpitaux: au Québec, 10 % des patients contractent une de ces infections, en France, le taux est descendu à 4,9% après 10 ans d'un effort soutenu. Tous les pays du monde sont affectés. Ces infections sont peu flateuses pour nos systèmes de santé branchés et de plus en plus performants à de nombreux égards. Elles coûtent très cher d'abord aux patients, en souffrance, prolongation du séjour hospitalier, conséquences désastreuses pour leur santé, ou même leur vie. Mais elles coûtent également très cher aux hôpitaux par l'augmentation de la durée de séjour et les coûts des traitements et désinfection.
La désinfection concerne un vaste champ de bataille: du patient aux appareils d'imagerie médicales, les procédés de désinfections sont de plus en plus sophistiqués et par là-même coûteux: «solutions d’hygiène pour les mains, utilisées par le personnel en blouse blanche, laveur-désinfecteur, systèmes de décontamination à la vapeur de peroxyde d’hydrogène. .. Nettoyer le nouveau matériel technologique comme les appareils d’imagerie médicale et les robots d’intervention chirurgicale informatisés ne se fait pas à grande eau mais avec des engins de stérilisation à haute (pour les autoclaves) ou basse température, à base d’électrons…»
Quelques grandes compagnies seulement détiennent le marché en raison de l'expertise pointue nécessaire.
- Le marché de la désinfection estimé à 700 millions de dollars est partagé entre les américain Johnson et Johnson, le suisse Belimed, l'allemand Miele et le suédois Getinge.
- Le marché de la stérilisation est évalué à 1 milliard de dollars et on y retrouve Steris, Getinge, Belimed et le japonais Sakura.
- Le britannique Bioquell, spécialisé dans la décontamination à la vapeur de peroxyde d'hydrogène où il concurence Steris, a enregistré des ventes de 60 millions d'Euro (environ 70 millions de dollars) en 2009.
C'est un marché qui connaît une croissance impressionnante: 14% pour Bioquell, 22% pour Getinge. Les besoins continuent de grandir avec la demande des pays émergents.
Encore une occasion de rappeler que la base de l'hygiène des soins, l'hygiène des mains, reste peu coûteuse et hautement efficace, au moins 50% des infections pouvant être évitées. Mais encore faut-il appliquer cette hygiène scrupuleusement! Chaque oubli, minime soit-il en soi dans la journée surchargée du personnel soignant, brise la chaine de l'hygiène et peut briser la vie d'un patient.
Source: Money Week, 20 novembre 2010.
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