Cet hôpital, très mal classé auparavant pour son taux élevé de C.difficile, a réussi le tour de force de le réduire de 94%, un des meilleurs scores en Ontario. Rappelons que depuis août 2008, les hôpitaux ontariens ont l'obligation de déclarer leur taux de C.difficile et celui de quelques autres infections. Cette obligation a pour but d'obliger les hôpitaux à prendre les mesures nécessaires pour réduire leurs taux d'infection. Les chiffres sont publiés et disponibles à la population.
Cet hôpital situé dans la banlieu est de Toronto , est un des plus grands hôpitaux au Canada. Il dessert un bassin de population d'environ 1 million de personnes, en milieu pluriethnique. Il traite de nombreux patients atteints de maladies sous-jacentes. C'est un hôpital situé dans de vieux bâtiments, avec peu de locaux de rangement, presqu'aucune chambre privée et des salles de bains partagées. Des conditions favorables à la propagation des infections.
L'année précédant la déclaration obligatoire des taux d'infection en Ontario, cet hôpital se trouvait pris avec un taux de C.difficile élevé. La direction de l'hôpital a décidé de recourir aux services d'un expert en prévention des infections pour faire le bilan de la situation: le Dr Michael Gardam, Directeur provincial de la prévention et du contrôle des infections.
Suite à ses recommandations, l'hôpital a procédé à une opération de nettoyage et ménage de grande envergure, associée à une campagne de sensibilisation accrue à l'hygiène des mains du personnel soignant et aux techniques de nettoyage du personnel d'entretien.
Tous les meubles et objets usagés présentant des déchirures, fissures etc. ont été jetés: sofas, fauteuils, matelas, draps, tables de nuits etc. Ils étaient impossibles à nettoyer de manière sécuritaire.
La campagne de sensibilisation et éducation à l'hygiène des mains a porté fruit et le taux d'adhésion du personnel est un des meilleurs de la province.
L'objectif de l'hôpital et de maintenir ce taux à long terme, ce qui est un autre défi.
On ne peut que souligner cette réussite qui témoigne une fois de plus que la diminution des infections nosocomiales, C. difficile et autres, passe par une volonté affirmée de la direction de l'hôpital de résoudre ce problème. C'est donc bien un problème de gestion.
Résumé d'un article publié par «Hospital News», édition de novembre 2009
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