Source: Le Figaro,fr - 11 avril 2011, Jean-Luc Nothias
«Les infections nosocomiales sont en recul en France, grâce aux nombreuses mesures mises en place au cours de dernières années, indique le Dr Bruno Coignard, responsable de l'unité Infections associées aux soins et résistance aux antibiotiques, du département Maladies infectieuses de l'Institut de veille sanitaire. Il faut continuer ces efforts, notamment pour prévenir l'apparition de bactéries multirésistantes.»
Grâce aux mesures mises en place par le Ministère de la Santé dans tous les hôpitaux et centres de santé de France, le taux d'infections nosocomiales a globalement baissé de 10% en 10 ans. Il faut souligner également que le succès des efforts du Ministère ont été largement relayés par l'engagement massif de l'ensemble du corps médical et des associations de patients, notamment l'associationLe Lien.
La France a un des taux d'infections nosocomiale les plus bas d'Europe, 4,9%,. Malgré les efforts continus, le taux de mortalité estimé à 4000 par an fait toujours la manchette des journeaux locaux et nationaux. Selon un sondage fait en 2010, les infections nosocomiales sont la principale crainte des personnes devant être hospitalisées, loin en avant des craintes liées à une anesthésie. Chaque année, le plan de santé de lutte contre les infections cible de nouveaux objectifs que les hôpitaux doivent intégrer. La performance des hôpitaux est évaluée et publiée chaque année, ce qui fait pression sur les directeurs et le personnel pour ne pas relâcher leurs efforts.
Au Québec, pour une population de 7 millions, on évalue que les infections nosocomiales causent en moyenne 4000 décès par année soit le même nombre qu'en France dont la population est de 65 millions! Le Ministère de la Santé du Québec a fait paraître en 2010 son deuxième plan de lutte contre les infections nosocomiales: tous les éléments permettant de diminuer les taux d'infections de nos hôpitaux y sont . Pourtant, par comparaison, Les résultats du premier plan sont loin d'avoir atteint tous les résultats escomptés, le milieu de la santé continue de travailler dans une tour d'ivoire et la population comme les patients ignorent la réalité des taux élevés d'infections nosocomiales de nos hôpitaux. Il n'existe pas au Québec commen en France un véritable engagement du milieu médical, directeurs d'hôpitaux compris, pour faire baisser de façon significative ces taux d'infection. Le système de surveillance de certaines infections graves de l'Institut de la Santé Publique a permis de constater une diminution moyenne des cas de C.difficile au cours de 3 dernières années. Cette diminution cosntante ne concerne que 30% des hôpitaux. Pour les autres, les éclosions de C.difficile demeurent une réalité quotidienne très lourde de conséquence sur la santé des patients et les finances de l'hôpital. Dans la même période, les taux d'infections à ERV - Entérocoque résistant à la vancomycine - augmentent. Quand aux taux de SARM- une infection grave et courante - ses taux restent disponibles pour les spécialistes seulement. Les victimes des ces infections graves se retrouvent très souvent dans des situations personnelles dramatiques - perte de qualité de vie, voire invalidité, perte d'emploi etc - et sans aucune indemnité pour les aider. La France a mis en place un système d'indemnisation des victimes qui loin d'être parfait, leur donne un soutien financier et moral non négligeable au nom de la solidarité nationale.
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